Le garçon en pyjama rayé

Bonjour à tous! Aujourd’hui, je vous reviens par ici pour vous parler de mon avis sur le roman Le garçon en pyjama rayé par John Boyne. J’ai trouvé le livre par hasard, sans en avoir plus entendu parler que de nom, dans un Village des Valeurs il y a quelques jours. De façon étonnante, plutôt que de le laisser dans ma pile à lire pendant une durée indéterminée, je l’ai lu rapidement lorsque j’avais envie de lire un livre en une seule journée (il fait à peine plus de 200 pages). Voici donc ce que ce livre raconte :

Bruno vient de déménager. Sa maison à Berlin lui manque déjà énormément, d’autant plus que dans celle où il vit désormais, il n’a aucun ami avec qui jouer : il y a seulement une grande barrière qui sépare Bruno du petit garçon en pyjama qu’il y a rencontré…

Le garçon en pyjama a été une bonne lecture sur le coup, assez addictive et intéressante à découvrir d’une seule traite. Cependant, je crois que beaucoup d’aspects sont invraisemblables et que malgré le fait que ce livre soit destiné aux enfants, il requiert d’autres connaissances pour être apprécié et pour comprendre que ce n’est pas un reflet tout à fait fidèle de l’Holocauste.

Pour ce qui sont des points positifs, je dois dire que le style d’écriture de John Boyne est fluide et nous happe dès les premières pages. Il y a trop de livres d’à peine 200 pages qui prennent la moitié d’entre elles pour nous plonger dans leur récit : Le garçon en pyjama rayé n’en fait pas partie, et c’est même plutôt le contraire. Étant fan de toutes les histoires avec une ambiance un peu brumeuse et souple, l’atmosphère de fable de ce roman est tombée pile dans mes cordes.

Cependant, si je crois qu’un livre n’a pas nécessairement besoin d’être uniquement composé de faits réels pour traduire les horreurs de l’Holocauste (les romans de Sarah Cohen-Scali en sont les exemples parfaits), je crois qu’un certain attachement à la réalité est nécessaire. Dans ce livre, John Boyne ne nomme aucun lieu (ou presque, car Bruno s’entête à nommer le lieu “Hoche-Vite”, ou “Out-With” en version originale… qui est donc clairement Auschwitz) afin de rendre l’histoire plus “universelle”. Le dénouement final, que j’ai d’ailleurs deviné à 50 pages de la fin, est peut-être très dramatique, mais il aurait été hautement impossible d’avoir eu lieu dans la réalité de la Seconde Guerre mondiale. Sans parler du fait que Bruno ne sait même pas ce qu’est un juif… Certes, il a neuf ans, mais je peux vous assurer que malgré le fait que je ne suis pas née tout juste avant la guerre, je connaissais les termes simples de notre histoire et ses concepts fondateurs à l’âge de Bruno. Neuf ans, ce n’est pas cinq ans. Je comprends que le thème du livre est plus de démontrer la corruption de la jeunesse qui a eu lieu jusqu’en 1945, que nous sommes tous pareils au fond, que la guerre et l’Holocauste étaient un non-sens, etc., etc., etc., mais c’est mal s’y prendre en en faisant un portrait quasi-ignorant.

C’est d’ailleurs pourquoi je soutiens que ce livre devrait être lu par des personnes qui ont des connaissances suffisantes pour faire la part des choses et séparer le vrai du faux. Par exemple, j’ai pu apprécier ma lecture justement parce que je comprenais que John Boyne avait tenté d’en faire un exemple à propos de la perte de l’innocence, mais d’autres auraient pu penser que c’était uniquement pour témoigner de ce qu’il s’est passé durant l’Holocauste. Je vous avertis tout de suite, si le principe est présent, la réalité était bien pire et bien moins remplie de fleurs et de nuages et de moutons.

Bref, Le garçon en pyjama rayé n’est pas un livre à prendre à la légère pour son public : si un enfant le lit, qui serait soit dit en passant le public cible (cherchez l’erreur), assurez-vous de lui exposer les faits réels et le message profond de ce roman qui peut être difficile à saisir pour ceux qui n’ont pas les connaissances suffisantes. Dans tous les cas, le livre reste une lecture agréable dans son contexte! Il suffit de le prendre avec des pincettes et vous passerez un bon moment.

Anne

3 Commentaires

  • avatar Lucie P. Gosselin dit :

    Je pense que c’est un livre qui demande des connaissances pour l’entreprendre….

    Je suis certaine que tu étais très documentée pourrie cette lecture…
    La guerre ça n’a pas de sens et l,Holocauste également.
    ..
    C’est toujours bien de livre un livre d’un seul coup….

    Encore une belle critique bien structurée….

  • avatar Lucie P. Gosselin dit :

    Je pense que c’est un livre qui demande des connaissances pour l’entreprendre….

    Je suis certaine que tu étais très documentée pour cette lecture…
    La guerre ça n’a pas de sens et l,Holocauste également.
    ..
    C’est toujours bien de lire un livre d’un seul coup….

    Encore une belle critique bien structurée….

  • avatar Lucie P. Gosselin dit :

    Pour faire suite….
    J’avais oublié ceci: Je pense au film «  La vie est belle « alors que le petit garçon au pyjama rayé était en camp de concentration avec son père, en pyjama rayé également. Ça peut aller…Je ne sais pas si tu as déjà vu ce film….Mais pour les autres petits enfants qui vont lire ce lire, il faudrait que leurs parents leur expliquent….Ou, ils sont trop jeunes pour ce genre de lecture….

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