L’année de grâce

Ah, la dystopie! Probablement l’un des genres les plus marquants du young adult, je ne me lasse pas de découvrir les nouveaux concepts que les auteurs nous présentent – lorsqu’ils ne tombent pas dans les clichés que l’on connaît tous. Malgré le ralentissement des dernières années pour cette tendance, je reste donc toujours à l’affût des sorties dystopiques qui font parler d’elles. Celle qui a probablement le plus marqué l’année 2020 est L’année de grâce par Kim Liggett, alors voici ce qu’il raconte :

À l’âge de seize ans, le rituel de l’année de grâce est imposé à toutes les filles afin d’en faire des femmes. En effet, à cet âge, une magie maléfique s’empare d’elles et risque d’attirer les hommes, au risque qu’ils trompent leur épouses. Pour régler ce problème, on envoie les adolescentes purger leur magie durant une année en forêt, au terme de laquelle elle entameront leur vie de femmes mariées. Rebelle depuis son tout jeune âge, Tierney s’apprête à accomplir son année de retrait. Survivra-t-elle à l’année de grâce?

Je n’ai pas été déçue par ma lecture de L’année de grâce, mais elle n’a définitivement pas été ce à quoi je m’attendais. Tout d’abord, je me dois de mentionner que je trouvais le principe tout à fait captivant et original. Oui, je sais que c’est toujours à seize ans que les protagonistes de romans de dystopie vivent leurs folles aventures… Mais un groupe de filles isolées en forêt pendant un an? J’ai signé mon nom rapidement pour découvrir ce que recelait ce concept.

Comme l’histoire se passe en majorité durant l’année de grâce en tant que telle, on peut dire que c’est une lecture très atmosphérique. C’est d’ailleurs un sentiment qui est accentué par le fait que ce roman est uniquement séparé en parties : l’absence de chapitre crée une impression de continuité très absorbante. Je pensais détester cette particularité, mais j’ai plutôt pensé que c’était la recette parfaite pour rendre le roman addictif. Je me souviens du moment où j’ai commencé ma lecture, un samedi soir pluvieux… c’était tout simplement parfait pour me faire aspirer dans les événements qui faisaient parfois froid dans le dos. De quoi vous dire qu’avec le rythme effréné de l’action, j’ai dévoré les 450 pages pratiquement d’un coup (je l’avoue, vers minuit, je m’endormais trop. Mais j’ai terminé le roman tout juste en me réveillant, donc ça compte presque!).

Toutefois, si l’histoire a pris une direction palpitante sur certains aspects, j’étais moins branchée sur d’autres, et notamment pour toute l’histoire de romance. Selon moi, elle ne s’accordait pas au reste du récit, et j’aurais pratiquement préféré une romance avec une autre des filles de l’année de grâce ou même pas de romance du tout. Non seulement c’était probablement l’aspect le moins réaliste du roman, mais cela n’apportait pas grand chose à celui-ci autre qu’un éloignement de son message féministe. Toutefois, j’ai apprécié les explorations entre les relations avec les autres adolescentes ainsi que le dénouement du récit, qui, toujours dans une direction inattendue, est venu fermer l’histoire de façon originale et satisfaisante. Si j’avais à résumer mon impression par rapport à L’année de grâce, c’est qu’outre le concept dont parle la quatrième de couverture, l’intrigue nous emmène dans des directions distinctes aux dystopies classiques. Ce n’est pas sans embûches, mais ça en fait certainement un roman à découvrir!

Enfin, pour ce qui est du message transmis à travers ce livre, je m’attendais à beaucoup plus de la part de Kim Liggett. En effet, ce livre était vendu comme “Le livre féministe de la nouvelle génération” : certes, cela reste un récit d’émancipation, mais au final, je pense que des symboles plus fort ou une trame narrative plus dénonciatrice aurait rendu ce livre plus fidèle à sa phrase d’accroche. En fait, ce n’est pas que le message n’est pas bon ; c’est juste que sa profondeur devrait s’accorder avec la puissance de la façon avec laquelle on présente le livre, ou inversement. Car en bout de ligne, j’ai passé un super moment lors de ma lecture de L’année de grâce, et il me tarde d’aller jeter un coup d’oeil plus attentif à ce qu’a créé Kim Liggett!

Merci à Flammarion Diffusion pour l’envoi de ce roman!

Anne

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