La Sorcière oubliée

Salut les lecteurs! Aujourd’hui, on se retrouve pour ma critique du récent roman La Sorcière oubliée. Je ne connaissais pas son auteur, Melvin Burgess, avant d’avoir entendu parler de ce livre. Voici le résumé :

La vie de Bea a changé du tout au tout lorsqu’elle a croisé le regard de ce lièvre. Depuis ce jour fatidique où elle a aperçu une multitude de mondes, elle voit la vie partout autour d’elle : dans les arbres, dans les pierres, dans le ciel… Accompagnée de la petite Sylvis et de son grand-père Odi, qu’elle a rencontrés alors qu’elle s’entraînait au skatepark avec le mystérieux Lars, elle tentera d’apprivoiser sa nouvelle nature de sorcière. Ses parents s’inquiètent de ce nouveau comportement et de ses relations douteuses, aussi tentent-ils de l’éloigner de ce monde qu’elle se doit pourtant de sauver de la Chasse. Cette dernière trouvera-t-elle Bea? Pourquoi en veut-elle à son pouvoir d’incantatrice?  À qui Bea doit-elle faire confiance? Parviendra-t-elle à convaincre ses parents qu’elle est une sorcière? Qui est véritablement Lars? Quelles sont ses intentions?

Malheureusement, La Sorcière oubliée a été une lecture très décevante pour moi. Premièrement, je ne m’attendais pas du tout à cette histoire lorsque j’avais d’abord lu le résumé : en effet, sur le roman, on parle principalement de Lars et de l’emprise qu’il aura sur le personnage principal de Bea alors que cela n’arrive que très tard dans l’histoire. Selon moi, oui, c’est un événement très important étant donné que cela change le cours de l’histoire, mais il ne caractérise pas entièrement le récit de La Sorcière oubliée. Sur la quatrième de couverture, on laissait entendre que c’était en quelque sorte le noeud de cette histoire alors qu’il y a beaucoup plus autour. En effet, on a affaire à une situation beaucoup plus grande que celle de Bea. Cela a provoqué de fausses attentes durant ma lecture et c’est source de ma première déception.

De plus, la trame narrative est très éparpillée. Le début de l’histoire est lent. Ensuite, on aborde plusieurs éléments, mais on ne clôt pas nécessairement tous ces questionnements. On se demande un peu pourquoi tout cela arrive, et on cherche le fil conducteur de l’histoire. Certes, je comprends que l’idée générale est de sauver les sorciers de la Chasse, mais personnellement, j’ai trouvé que le chemin pour en arriver à cette conclusion est assez sinueux. Sans parler du fait qu’encore une fois, lorsqu’on a droit à des débouchés sur des problématiques, c’est très rapide par rapport aux autres passages. J’ai eu la terrible impression qu’on nous disait ce qui se passait plutôt que de nous le montrer. Pour faire court sur ce roman en général : il a un manque d’efficacité.

Abordons maintenant l’éléphant dans la pièce… c’est-à-dire le personnage principal et tout ce qu’il implique. Contrairement à ce que la quatrième de couverture peut laisser penser, Bea a 13 ans au début de l’histoire, et 15 à la fin. Personnellement, je m’attendais à ce qu’elle soit plus vieille, ou enfin, assez vieille pour ne pas ressentir de malaise face à la situation avec Lars (dont on ne mentionne d’ailleurs pas vraiment l’âge). Selon moi, si cela n’avait pas été abordé de façon aussi maladroite et expéditive, La Sorcière oubliée aurait pu faire passer un bon message quant aux relations toxiques, au viol et à la manipulation. Sauf que dans les faits, j’ai ressenti un malaise en raison de ce qui se passe après les événements. C’est un peu difficile de vous expliquer sans vous faire de spoilers, mais sachez que l’on accuse Bea pour ses torts alors qu’elle est clairement une victime. On n’offre aucune porte de sortie et on appuie de nombreux chapitres durant sur le fait qu’elle ne devrait jamais se pardonner. Personnellement, je n’ai pu m’empêcher d’être en désaccord avec cette situation. Je me répète, mais c’est très maladroit : ce n’est pas du tout comme si l’auteur voulait passer une morale à travers une histoire de sorcières afin que ça soit plus accessible. Au contraire, cela termine sur une drôle de note, avec un certain espoir mais principalement de façon sombre et fatidique. Les autres personnages ne sont pas mieux : ils n’ont aucune pitié. Ils ont perdu mon attachement assez rapidement. Bref, je dois vous avouer que je ne suis pas vraiment en accord avec ce qui se passe durant la deuxième moitié de ce livre.

Cependant, je dois concéder à ce roman le fait que l’univers magique peut plaire à certain. Il aurait bénéficié d’explications plus réfléchies, mais je sais que des fans de magie noire et de fantastique frôlant l’horreur pourraient adorer le monde dans lequel La Sorcière oubliée prend place. Si tout ce que je vous avais mentionné plus haut n’était pas arrivé, j’aurais probablement plus pris plaisir à découvrir cette Angleterre ensorcelée. Dans un autre ordre d’idées, je n’ai absolument rien à reprocher à l’écriture de l’auteur (côté stylistique, on s’entend). C’est pourquoi ce livre mérite tout de même quelques points : je n’ai pas non plus détesté parcourir ses pages et il a tout de même une certaine valeur littéraire. Selon moi, s’il avait été retravaillé au niveau de la construction de l’intrigue et revu sur le traitement des enjeux, on ne serait pas au même point aujourd’hui. Et on s’entend toujours là-dessus, tous les goûts sont dans la nature! Ce n’est pas parce que je n’ai pas aimé cette lecture que ce sera le cas pour vous. J’adorerais d’ailleurs discuter avec vous si vous avez un avis différent sur La Sorcière oubliée, question de voir ce que j’ai manqué durant cette lecture. D’autant plus que j’ai parcouru les résumés des autres titres de Melvin Burgess, et qu’ils semblent prometteurs. C’était peut-être seulement cette fois?

Merci à Gallimard Diffusion Jeunesse pour l’envoi de ce roman!

Anne

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