Felix ever after

Hello les lecteurs! Aujourd’hui, on se retrouve pour discuter d’un roman qui me faisait énormément envie depuis sa sortie en VO : il s’agit bien de Felix ever after par Kacen Callender.

Felix est noir, queer et trans. S’il connaît bien les étiquettes avec lesquelles on le désigne, il n’est pas pour autant très certain de ce qu’il vit actuellement. Son rêve est de rentrer à l’université de Brown, dans un programme d’art : cependant, il ne progresse pas du tout dans la création de son book. Cerise sur le sundae, des photos de lui avant sa transition sont affichées au vu de tous dans l’entrée de l’école. Felix parviendra-t-il à se trouver parmi tous ces bouleversements? Trouvera-t-il le coupable derrière l’expo? Parviendra-t-il à tomber amoureux, comme il en rêve depuis si longtemps?

J’ai définitivement trouvé que Felix ever after était une bonne lecture, mais ce n’est pas non plus le coup de coeur que tout le monde a eu sur Internet. Tout d’abord, je dois mentionner que j’ai adoré lire à propos d’un personnage trans. Malheureusement, tout comme pour la majorité des identités LGBTQIA+, la littérature à ce sujet est très peu développée dans la communauté francophone. J’étais donc très contente d’avoir accès à cette histoire dans ma langue maternelle grâce aux éditions Slalom. Je crois que je peux désormais un peu mieux comprendre cette identité, et c’est encore mieux lorsque le personnage principal est entouré de tant de personnages queer qui font chavirer mon petit coeur qui l’est tout autant. Je m’identifie cisgenre, mais pour d’autres aspects, je me suis beaucoup reconnue dans cette lecture. Si ce n’est pas le pouvoir d’avoir des distributions de personnages diversifiées…

L’histoire en elle-même connaît un conflit assez intéressant, qui m’a portée vers le dénouement dans une lecture somme toute assez addictive après la première moitié de l’histoire. En effet, on prend un peu de temps avant de réellement établir tous les éléments du récit ; cependant, une fois que chose est faite, c’est avec intérêt que je voulais connaître la suite du récit. Par contre, je dois dire que certains éléments ont certes été conclus à la fin du roman, mais ils ne l’ont pas nécessairement été dans une mesure suffisante à mon goût. Je comprends que c’est aussi pour indiquer que l’histoire de Felix n’est pas terminée, etc., etc., mais selon mes goûts personnels, je préfère toujours un peu plus de resserrement dans le dénouement.

J’ai également eu quelques difficultés au niveau des personnages. Oui, c’était très beau de les voir faire des erreurs à travers leurs difficultés typiquement adolescentes, mais à un certain point, j’avais un peu l’impression que ça devenait trop et que ça en devenait énervant. C’est un peu comme si tout le monde agissait sans vraiment penser, et si je peux laisser passer la majorité des événements, ce serait faux de dire que j’étais 100% du temps accrochée aux personnages pour cette raison – au niveau de leurs personnalités, bien sûr.

Enfin, je dois également noter que la traduction de ce livre n’était pas au top. Tout d’abord, elle est typiquement française : je comprends que la maison d’éditions vient de l’hexagone, mais pour moi, il y a moyen de traduire un roman sans en transformer l’écriture en dialecte régional – car oui, c’est ce qu’est le français de France, tout comme le québécois. Sans parler de toutes les expressions qui n’étaient en soi même pas traduites, alors que des mots très simples et pourtant très communs en français existent pour cette raison (ahem ahem, portfolio plutôt que “book”?). En soi, cela n’enlève rien à mon appréciation du livre comme cela est tout à fait indépendant de l’histoire en soi, et relève uniquement de la version française, mais je relève tout de même que c’est un aspect qui m’a dérangée dans ma lecture. Le phénomène est d’ailleurs de plus en plus répandu dans les maisons d’éditions de France, et je ne trouve pas ça très agréable… Un français international convient mieux, selon moi, à une traduction. C’est plus fidèle au contexte réel de l’histoire, qui se déroule à New York, mais cela permet aussi d’être plus accessible à tous les lecteurs de la francophonie.

En bref, je vous recommande tout à fait de découvrir Felix ever after de Kacen Callender si vous souhaitez vous reconnaître dans le personnage principal, apporter de la diversité à votre bibliothèque pour vous éduquer/soutenir les auteurs et les histoires de la communauté queer ou tout simplement pour passer un bon moment avec un petit contemporain. L’histoire d’amour ne m’aura pas marquée, mais elle reste très agréable dans le moment! Pour moi, un peu trop d’éléments m’ont empêchée de reconnaître ce livre comme le chef-d’oeuvre sans faute comme la plupart de ses lecteurs qui en parlent sur le web, mais je note tout de même à quatre étoiles, ce qui est excellent à mon avis.

Merci aux éditions Salom pour l’envoi de ce roman!

Anne

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *