Entrevue EXCLUSIVE avec Sophie Huard

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Salut tout le monde! Comme vous le savez déjà, j’ai rencontré l’auteure Sophie Huard au SILQ 2017. C’est elle qui a écrit le livre le Pacte dont la critique est maintenant sur mon blogue. J’ai fait une entrevue [exclusive] avec Sophie et je la partage maintenant avec vous!

 

Anne : En quoi avez-vous étudié?

Sophie : J’ai étudié en administration des affaires à l’université Laval. J’ai fait un baccalauréat en marketing et management.

A : Considérez-vous que ces études et le travail que vous faites maintenant enrichissent votre écriture?

S : Oui ! Depuis que je suis jeune, ce que j’aimais par-dessus tout, c’était créer. Ma créativité a toujours été ma force donc c’est sûr qu’en travaillant en marketing, j’ai l’ai mise à contribution, dans tout ce que j’ai fait, dans tous mes travaux. L’expérience acquise en milieu de travail et avec les gens, cette expérience de vie m’a aidé dans mon écriture. Je pense aussi que le fait d’avoir toujours stimulé ma créativité m’a beaucoup aidé pour devenir auteure.

A : Depuis combien de temps vous intéressez-vous à la lecture et à l’écriture?

S : Depuis toujours ! Quand j’étais toute jeune, j’aimais vraiment lire. À l’école, j’avais tout le temps un petit carnet avec moi pour écrire! Je composais des poèmes, j’ai écrit des pièces de théâtre au secondaire, j’ai fait partie d’un atelier d’écriture de ma polyvalente, donc ça a toujours été une passion pour moi. C’est certain que lorsque j’ai fait mes études, je me suis dirigée vers un travail en administration, mais je dirais qu’il y a environ six ans, j’ai eu le goût de retourner vers mes passions et je me suis mise à écrire plus sérieusement.

A : Depuis que vous avez commencé à écrire, trouvez-vous que votre style a évolué? Qu’est-ce qui vous a influencé?

S : Je dirai qu’il y a six ans, j’ai écrit un roman avec une amie plus pour la jeune femme adulte, qu’on pourrait qualifier de chicklit. Celui-là, je ne l’ai jamais publié. Par la suite, en faisant la lecture avec mes enfants de romans plus fantastique, j’ai eu plus le goût de me diriger vers ça. Oui ça a évolué, mais plus au niveau de mes préférences ! J’ai développé une passion pour le fantastique et pour des mondes créés de toutes pièces.

A : Qu’est-ce que l’écriture apporte dans votre vie?

S : J’ai vraiment besoin d’écrire, car ça m’apporte beaucoup, c’est comme une flamme qui brûle à l’intérieur de moi. Je dois la maintenir constamment allumée ! C’est plus un besoin primaire de créer, d’imaginer qu’autre chose.

A : Avez-vous des auteurs préférés? Pourquoi?

S : Oui, j’en ai des préférés, mais je n’aime pas juste me consacrer à un style de lecture, car j’aime beaucoup varier mes champs d’intérêt. En général, j’aime les auteurs qui ont beaucoup de rythme, des auteurs qui ont beaucoup de suspense. Par exemple, Guillaume Musso, qui a un rythme très accéléré, j’aime beaucoup ça. Tout ce qui est un peu recherché, comme Dan Brown, où on découvre une partie de l’histoire ou des symboles, j’aime aussi beaucoup. Donc j’aime principalement l’action, l’aventure et le fantastique !

 A : Lisez-vous durant vos périodes d’écriture?

S : Lorsque je suis plongée dans mon histoire, c’est plus difficile de sortir de ce cadre-là. Je dirai que la raison première, c’est que j’ai moins de temps pour lire ! C’est plus quelque chose que je fais le soir avant d’aller me coucher. Durant des périodes d’écriture à bon rythme, je peux continuer jusqu’à épuisement, donc ce n’est pas rare que je finisse très tard, parfois même minuit ou une heure de matin ! (rires) C’est pour ça que lorsque j’écris, j’ai moins de temps à me consacrer pour la lecture. Mais ça vient par périodes, et on dirait que j’écoute plus de films dans ces temps-là ! Ensuite, quand je tombe en révision, la lecture reprend une partie importante.

A : Est-ce que le Pacte est votre premier livre?

S : Oui, c’est le premier publié. Actuellement, le deuxième est en révision et il sortira probablement à la fin de l’été. De mon côté, je suis en train de finaliser le troisième tome qui est la fin de cette trilogie-là.

A : Avez-vous des projets d’avenir en tant qu’auteure?

S : Oui ! Je commence à faire mûrir des idées. Cet été, j’aimerais vraiment voir vers quoi je vais me diriger après le Pacte. Mais j’aimerais beaucoup continuer à écrire parce que j’adore ça !

A : Avez-vous des rêves par rapport à l’écriture? Quels seraient-ils?

S : Ah oui, c’est sûr que la continuité c’est un grand rêve. J’aimerais aussi toucher à autre chose éventuellement, que ça soit un autre style, genre ou public. La scénarisation est aussi quelque chose que j’aimerais faire.

A : Si un réalisateur de film venait à votre rencontre pour produire, par exemple, le Pacte, accepteriez-vous?

S : Absolument ! Plusieurs lecteurs me disent qu’en le lisant ils le voient comme dans un film. J’ai peut-être un style d’écriture visuel, car moi aussi en l’écrivant, je vois dans ma tête les séquences et les images prendre vie, donc oui, si quelqu’un arrivait pour en faire un film, je serais enchantée !

A : Avez-vous d’autres passions? Vous servent-elles à construire vos histoires?

S : Je pense que c’est la plus grande [l’écriture], mais oui j’ai d’autres passions. J’aime beaucoup cuisiner ainsi que tout ce qui est à trait à la nature, aux sports extérieurs, la marche en montagne, le vélo, le ski ! Ça me rapporte de prendre du recul, car par exemple, dans la nature, je suis dans une bonne ambiance où les idées me viennent facilement, même chose lorsque je cuisine. Parfois, je prends une pause pour faire le repas et les idées continuent à mûrir. Ce sont des climats propices à l’imagination.

A : D’où viennent vos idées pour votre livre Le Pacte?

S : Lorsque mes enfants ont fait leur parcours scolaire, un professeur qu’ils ont eu les deux intégrait un projet sur les légendes québécoises. La première fois que mon garçon est passé par là, on a acheté des ouvrages sur des légendes d’ici. Lorsque ma fille a refait ce projet par la suite je me suis replongée là dedans. En relisant sur la légende du pont de Québec, j’ai eu cette idée-là, je me demandais « Qu’est-ce qu’il arriverait si cette légende était vraie? Qu’est-ce qui pourrait avoir lieu suite à ça? » Cette idée s’est mise à germer avec celle du personnage de Justine dont les parents sont séparés, qui se cherchait un peu, qui ne trouvait pas sa place. À partir de là, tous les liens se sont faits ! Cette jeune fille a un parent sur la rive sud et l’autre sur la rive nord, où le pont est important pour elle, car c’est un endroit neutre où elle se sent bien ! Je me disais que l’histoire pouvait commencer là, avec un message qui apparaît sur le pont. Avec ces deux idées-là, l’histoire prenait déjà forme et tous les autres liens se sont faits.

A : Si vous aviez à décrire votre livre en quelques phrases à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler, quelles seraient-elles?

S : C’est un roman fantastique pour ados, jeunes adultes et même adultes. L’héroïne se rend compte que la légende du pont de Québec est vraie, et ce sont ses ancêtres qui ont fait le pacte avec le Diable qui n’a pas été respecté. À partir de là, le Diable a mis un sortilège sur toute sa lignée, y compris elle. Avec l’aide de ses amis, elle doit renverser ce sortilège et faire toutes les actions possibles pour découvrir comment s’en sortir. Aussi, Justine découvre qu’elle a des pouvoirs spéciaux et qu’elle va devoir apprendre à les entraîner et développer. Bref, il y a beaucoup d’action et de suspense !

A : Est-ce que mettre en scène la ville de Québec a été difficile pour vous?

S : Non. Ça m’est venu naturellement, car je viens de Québec, j’ai grandi là et j’y ai passé la majeure partie de ma vie. Justement, je trouve ça facile à écrire. Mettre en scène des personnages dans ma ville natale, je trouvais ça bien pour de faire connaître les beaux côtés de Québec, son histoire à travers le pont et tout le reste.

A : Vos personnages sont-ils inspirés de personnes réelles?

S : Non, pas en tant que tel. Pour Justine, l’idée m’était venue comme ça d’avoir une héroïne , qui cherchait sa place dans sa vie. Les autres se sont greffés par la suite, son meilleur ami Noah, Victor et tous les autres. Par contre Noah, représente un peu un ami de ma jeunesse, mais il ne lui ressemble ni physiquement ni psychologiquement. À par ça, les autres sont venus tout simplement comme ça. Le personnage d’Elliot vient de mon fils, qui m’avait proposé d’intégrer un personnage un peu plus audacieux, comique, qui n’a pas froid aux yeux, qui va faire des choses un peu différentes, même choquantes ! J’ai trouvé ça le fun, car je n’ai pas de limites pour lui !

A : Demandez-vous des conseils à vos proches?

S : Oui, je travaille avec deux premières lectrices. Au départ, je fais une première ébauche de mon roman, puis je demande à ces deux personnes de confiance si elles aiment ça. Elles me donnent énormément de commentaires. Elles prennent le manuscrit et notent plein d’informations pour l’améliorer et on en discute ensuite. Ça me permet de voir si je suis sur la bonne voie ou si je dois donner plus de détails, ou plus challenger les personnages. Je trouve ça important d’avoir ces commentaires pour faire ensuite une version améliorée.

A : Vous identifiez-vous à l’un de vos personnages?

S : Pas nécessairement. Je crois qu’il y a un peu de moi dans chacun d’eux, mais non, je ne m’identifie pas à l’un d’eux en tant que tel.

A : Avez-vous un personnage préféré?

S : Je les aime tous, car ils ont chacun leur personnalité, leurs forces et leurs faiblesses. C’est intéressant à travailler, mais celui que j’ai qui le plus de plaisir à écrire, c’est vraiment Elliot. Mais chacun d’eux m’apporte quelque chose ! Justine, c’est mon héroïne, j’adore écrire Victor, Noah, tout comme le Diable, qui m’emmène dans un univers plus sombre, mesquin. Donc c’est bien aussi de se plonger dans ce côté plus obscur !

A : Si vous pouviez avoir un pouvoir comme celui de Justine, quel serait-il?

S : Probablement l’eau ou le feu, mais possiblement celui de l’eau. Je suis vraiment une personne qui aime l’eau, que ce soit les lacs ou encore plus la mer ! Sans aucun doute, ça serait celui de Justine.

A : Vous faites-vous un plan avant de commencer à écrire?

S : Oui. Auparavant, je faisais mes plans à l’ordinateur, mais puisque je suis très visuelle, je trouvais ça trop difficile de s’y référer alors que moi j’aime ça le voir ! J’ai instauré une méthode de travail un peu moins conventionnelle, car j’utilise un mur avec des post-its. Les jours sont identifiés pour garder une trace du temps. Par journée, je mets des post-its pour chacun des chapitres. J’utilise un système de couleur : quand c’est Justine qui parle, c’est bleu, quand c’est Elsa, c’est jaune et les autres personnages, c’est vert. Ça me permet de m’installer devant mon mur et de réfléchir à la séquence. Je peux facilement changer des chapitres de place et quand je pense à une information ou à une idée que je dois insérer dans un chapitre, je l’écris pour la mettre au mur. Ça permet de facilement me référer et ajouter des idées.

A : Trouvez-vous que la recherche d’informations sur le pont de Québec a été difficile?

S : Non parce que j’aime ça ! Je suis curieuse d’apprendre. J’ai fait beaucoup de recherches, comme par exemple pour la Société des Sept Gardiens, qui existe et organise les cérémonies d’engagement des ingénieurs. Aussi, je me suis informée sur les légendes et le pont de Québec. J’avais un ouvrage de référence que j’ai lu presque en entier pour pouvoir avoir les bonnes périodes historiques, les bonnes dates, etc. Oui, je trouve que la recherche est une partie intéressante de l’écriture, car ça fait germer les idées.

A : Est-ce que vous trouvez qu’il y a des moments plus propices à l’écriture?

S : C’est certain que je ne me lève pas tous les matins débordante d’imagination. Il faut parfois persévérer devant l’ordinateur pour que les idées se mettent en branle. Ça prend vraiment de la discipline et je ne crois pas qu’il faille attendre que les bonnes idées arrivent, mais plutôt bûcher pour que tout se mette en place. Il faut activer sa créativité pour que les idées viennent et non pas attendre le moment parfait. Je vais parfois me plonger dans d’autres chapitres ou stimuler mon imagination en allant m’entraîner ou écouter de la musique pour créer le climat propice. Parfois on n’a pas d’imagination pour une scène en particulier, mais pour d’autres oui. À ce moment-là, je vais travailler en parallèle autre chose et l’imagination semble parfois se mettre en fonction pour la scène qui était plus difficile.

A : Si vous aviez à décrire le métier d’auteur en un seul mot, quel serait-il? Pourquoi?

S : Persévérance parce que ça en prend beaucoup quand on écrit. On est souvent dans le doute, on se demande souvent si c’est bon ou correct. On doit persévérer aussi, car c’est long écrire un roman ! C’est petit à petit, millier de mots par millier de mots qu’on y arrive. Même une fois fini, c’est dur de trouver un éditeur et d’être lu et de se faire connaître. Le mot qui résume toutes les étapes, de la création à la mise en marché c’est vraiment la persévérance !

A : Si vous aviez à rencontrer quelqu’un qui voudrait commencer à écrire un livre, que lui diriez-vous?

S : Je pense que je reviendrai avec ce message-là, que ce n’est pas toujours facile et qu’il ne faut pas se décourager même dans les moments plus difficiles. J’aurais le goût de dire aux jeunes, qu’écrire apporte beaucoup de motivation et de valorisation, mais qu’il faut aussi beaucoup de persévérance. Je voudrais leur faire prendre conscience que ça fait partie du cheminement d’auteur et que savoir qu’il y aura des moments durs permet d’y faire face plus facilement !

 

C’est donc toute l’entrevue que j’ai faite avec cette merveilleuse auteure! J’espère que vous apprécierez et n’oubliez pas de commenter à fond pour que je puisse savoir ce que vous en pensez et peut-être me dire si vous voudriez d’autre contenu dans ce genre. Merci pour vos abonnements à mon infolettre et à ma page Facebook! À la prochaine!

 

Anne

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